31 mars 2025
« Ritspa, fille d’Ajja, prit un sac et l’étendit sous elle contre le rocher, depuis le commencement de la moisson jusqu’à ce que la pluie du ciel tombe sur eux; et elle empêcha les oiseaux du ciel de s’approcher d’eux pendant le jour, et les bêtes des champs pendant la nuit. » 2 Samuel 21.10
Si l’amour d’une femme pour ses fils assassinés pouvait lui faire prolonger aussi longtemps sa veillée mortuaire, nous fatiguerons-nous de contempler les souffrances de notre Seigneur béni ? Cette femme empêcha les oiseaux de proie de s’approcher, et ne devrions-nous pas nous-mêmes expulser de notre méditation ces pensées mondaines et répréhensibles qui viennent polluer à la fois notre esprit et les merveilleux thèmes qui l’occupent ? Éloignez-vous, oiseaux de mauvaise augure ! Laissez le sacrifice tranquille !
Seule et sans abri, cette femme supporta les chaleurs de l’été, les rosées des nuits et la pluie. Le sommeil se refusait à ses yeux rougis par le chagrin, et son cœur était trop plein pour sommeiller. Voyez comme elle aimait ses enfants ! Ritspa endura-t-elle de telles choses, et reculerions-nous devant la première petite difficulté ou épreuve ? Sommes-nous de tels poltrons que nous ne pouvons pas accepter de souffrir avec notre Seigneur ?
Elle chassa même les bêtes sauvages, avec un courage inhabituel chez une femme, et ne serions-nous pas prêts à affronter tout adversaire par amour pour Jésus ? D’autres mains que les siennes avaient mis ses enfants à mort, et pourtant elle pleura et veilla. Que devrions-nous faire, nous, qui avons par nos péchés crucifié notre Seigneur ? Nos obligations sont sans limites. Notre amour devrait être empli de ferveur, et notre repentance complète. Veiller avec Jésus devrait être notre souci, protéger son honneur notre occupation, et demeurer auprès de sa croix notre consolation.
Ces cadavres repoussants auraient bien pu effrayer Ritspa, surtout dans la nuit, mais il n’y a rien qui soit répugnant chez notre Seigneur, au pied de la croix duquel nous nous tenons. Tout en lui est admirable et attirant. Jamais beauté vivante ne fut aussi enchantée qu’un Sauveur mourant.
Jésus, nous veillerons encore avec toi. Dans ta grâce, dévoile-toi à nos yeux. Alors, nous ne serons plus recouverts du sac de la tristesse, mais nous entrerons dans ta tente royale.
Charles Spurgeon