1 Saraï, femme d’Abram, ne lui avait point donné d’enfants. Elle avait une servante Égyptienne, nommée Agar.
2 Et Saraï dit à Abram : Voici, l’Éternel m’a rendue stérile ; viens, je te prie, vers ma servante ; peut-être aurai-je par elle des enfants. Abram écouta la voix de Saraï.
3 Alors Saraï, femme d’Abram, prit Agar, l’Égyptienne, sa servante, et la donna pour femme à Abram, son mari, après qu’Abram eut habité dix années dans le pays de Canaan.
4 Il alla vers Agar, et elle devint enceinte. Quand elle se vit enceinte, elle regarda sa maîtresse avec mépris.
5 Et Saraï dit à Abram : L’outrage qui m’est fait retombe sur toi. J’ai mis ma servante dans ton sein ; et, quand elle a vu qu’elle était enceinte, elle m’a regardée avec mépris. Que l’Éternel soit juge entre moi et toi !
6 Abram répondit à Saraï : Voici, ta servante est en ton pouvoir, agis à son égard comme tu le trouveras bon. Alors Saraï la maltraita ; et Agar s’enfuit loin d’elle.
Note · Genèse 16.1–6
Un arrangement dont une autre paie le prix
Agar entre dans le projet familial sans que son accord soit rapporté. Après sa grossesse, la tension entre les femmes conduit à son humiliation et à sa fuite. Abram laisse Saraï exercer son pouvoir. Le récit met en lumière une situation de dépendance ; il ne propose pas une procédure de procréation ou de vie conjugale à suivre.
7 L’ange de l’Éternel la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Schur.
8 Il dit : Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu, et où vas-tu ? Elle répondit : Je fuis loin de Saraï, ma maîtresse.
9 L’ange de l’Éternel lui dit : Retourne vers ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main.
10 L’ange de l’Éternel lui dit : Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu’on ne pourra la compter.
Note · Genèse 16.7–10
Une rencontre dans la fuite
Le messager de Dieu nomme Agar et l’interroge sur sa route. L’ordre de retour appartient à cet épisode précis et s’accompagne d’une promesse. Il ne constitue pas une consigne universelle imposant aux personnes victimes de violences de rejoindre leur agresseur ou de rester sans protection.
11 L’ange de l’Éternel lui dit : Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d’Ismaël ; car l’Éternel t’a entendue dans ton affliction.
12 Il sera comme un âne sauvage ; sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui ; et il habitera en face de tous ses frères.
13 Elle appela Atta El roï le nom de l’Éternel qui lui avait parlé ; car elle dit : Ai-je rien vu ici, après qu’il m’a vue ?
14 C’est pourquoi l’on a appelé ce puits le puits de Lachaï roï ; il est entre Kadès et Bared.
15 Agar enfanta un fils à Abram ; et Abram donna le nom d’Ismaël au fils qu’Agar lui enfanta.
16 Abram était âgé de quatre-vingt-six ans lorsqu’Agar enfanta Ismaël à Abram.
Note · Genèse 16.11–16
Un enfant entendu et une mère qui nomme
Le nom d’Ismaël est lié à l’écoute divine de la détresse d’Agar. Sa parole sur Dieu fait entrer son expérience dans le récit. Les annonces sur la vie de son fils ne justifient aucune essentialisation des peuples que des traditions ultérieures lui rattachent : aucun groupe humain ne reçoit ici une nature violente immuable.