1 Après Abimélec, Thola, fils de Pua, fils de Dodo, homme d’Issacar, se leva pour délivrer Israël ; il habitait à Schamir, dans la montagne d’Éphraïm.
2 Il fut juge en Israël pendant vingt-trois ans ; puis il mourut, et fut enterré à Schamir.
3 Après lui, se leva Jaïr, le Galaadite, qui fut juge en Israël pendant vingt-deux ans.
4 Il avait trente fils, qui montaient sur trente ânons, et qui possédaient trente villes, appelées encore aujourd’hui bourgs de Jaïr, et situées dans le pays de Galaad.
5 Et Jaïr mourut, et fut enterré à Kamon.
Note · Juges 10.1–5
Les courtes notices maintiennent une mémoire au-delà des exploits
Tola est dit se lever pour délivrer Israël, sans récit de bataille. Pour Jaïr, les fils, les montures et les villes donnent à voir une maison influente. Le texte n’explique pas assez ces situations pour en tirer un jugement certain sur chacun ; il conserve leurs fonctions, leurs durées et leurs sépultures.
6 Les enfants d’Israël firent encore ce qui déplaît à l’Éternel ; ils servirent les Baals et les Astartés, les dieux de Syrie, les dieux de Sidon, les dieux de Moab, les dieux des fils d’Ammon, et les dieux des Philistins, et ils abandonnèrent l’Éternel et ne le servirent plus.
7 La colère de l’Éternel s’enflamma contre Israël, et il les vendit entre les mains des Philistins et entre les mains des fils d’Ammon.
8 Ils opprimèrent et écrasèrent les enfants d’Israël cette année-là, et pendant dix-huit ans tous les enfants d’Israël qui étaient de l’autre côté du Jourdain dans le pays des Amoréens en Galaad.
9 Les fils d’Ammon passèrent le Jourdain pour combattre aussi contre Juda, contre Benjamin et contre la maison d’Éphraïm. Et Israël fut dans une grande détresse.
Note · Juges 10.6–9
La domination atteint les deux rives du Jourdain
Les dieux servis sont énumérés avant l’oppression philistine et ammonite. La détresse touche Galaad puis gagne d’autres tribus. La géographie rappelle que les crises ne restent pas enfermées dans une seule part d’héritage. Le cadre théologique du récit ne permet pas d’attribuer toutes les guerres actuelles à une faute religieuse identifiée par le lecteur.
10 Les enfants d’Israël crièrent à l’Éternel, en disant : Nous avons péché contre toi, car nous avons abandonné notre Dieu et nous avons servi les Baals.
11 L’Éternel dit aux enfants d’Israël : Ne vous ai-je pas délivrés des Égyptiens, des Amoréens, des fils d’Ammon, des Philistins ?
12 Et lorsque les Sidoniens, Amalek et Maon, vous opprimèrent, et que vous criâtes à moi, ne vous ai-je pas délivrés de leurs mains ?
13 Mais vous, vous m’avez abandonné, et vous avez servi d’autres dieux. C’est pourquoi je ne vous délivrerai plus.
14 Allez, invoquez les dieux que vous avez choisis ; qu’ils vous délivrent au temps de votre détresse !
15 Les enfants d’Israël dirent à l’Éternel : Nous avons péché ; traite-nous comme il te plaira. Seulement, daigne nous délivrer aujourd’hui !
16 Et ils ôtèrent les dieux étrangers du milieu d’eux, et servirent l’Éternel, qui fut touché des maux d’Israël.
Note · Juges 10.10–16
L’aveu est suivi d’un changement de pratique
La réponse sévère renvoie Israël aux dieux qu’il a choisis. Le peuple les enlève alors et sert Dieu ; le narrateur dit que sa souffrance touche Dieu. Cette compassion ne se laisse pas enfermer dans une procédure garantie. La relation est reprise avec sérieux, sans faire de la souffrance une monnaie permettant d’acheter la délivrance.
17 Les fils d’Ammon se rassemblèrent et campèrent en Galaad, et les enfants d’Israël se rassemblèrent et campèrent à Mitspa.
18 Le peuple, les chefs de Galaad se dirent l’un à l’autre : Quel est l’homme qui commencera l’attaque contre les fils d’Ammon ? Il sera chef de tous les habitants de Galaad.
Note · Juges 10.17–18
Le besoin d’un combattant devient une question de gouvernement
Les chefs promettent la direction de Galaad à celui qui commencera l’attaque. La charge politique est ainsi liée à l’issue militaire espérée. Le chapitre suivant montrera que celui qu’ils viennent chercher a d’abord été rejeté : la communauté devra faire face aux exclusions qu’elle a elle-même produites.