1 L’Éternel parla à Moïse, et dit :

2 Ordonne aux enfants d’Israël de renvoyer du camp tout lépreux, et quiconque a une gonorrhée ou est souillé par un mort.

3 Hommes ou femmes, vous les renverrez, vous les renverrez hors du camp, afin qu’ils ne souillent pas le camp au milieu duquel j’ai ma demeure.

4 Les enfants d’Israël firent ainsi, et ils les renvoyèrent hors du camp ; comme l’Éternel l’avait ordonné à Moïse, ainsi firent les enfants d’Israël.

Note · Nombres 5.1–4

Une exclusion rituelle n’est pas un diagnostic moral

Les situations de peau, de flux et de contact avec un mort renvoient aux distinctions du Lévitique. Le texte les relie à la pureté du camp. Il ne déclare pas que toute personne concernée a commis une faute ni ne fournit un protocole médical à appliquer aujourd’hui.

5 L’Éternel parla à Moïse, et dit :

6 Parle aux enfants d’Israël : Lorsqu’un homme ou une femme péchera contre son prochain en commettant une infidélité à l’égard de l’Éternel, et qu’il se rendra ainsi coupable,

7 il confessera son péché, et il restituera dans son entier l’objet mal acquis, en y ajoutant un cinquième ; il le remettra à celui envers qui il s’est rendu coupable.

8 S’il n’y a personne qui ait droit à la restitution de l’objet mal acquis, cet objet revient à l’Éternel, au sacrificateur, outre le bélier expiatoire avec lequel on fera l’expiation pour le coupable.

9 Toute offrande de choses consacrées par les enfants d’Israël appartiendra au sacrificateur à qui elles seront présentées.

10 Les choses qu’on aura consacrées lui appartiendront, ce qu’on lui aura remis lui appartiendra.

Note · Nombres 5.5–10

Le tort à autrui demande une restitution

La confession s’accompagne du retour du bien et d’un supplément. Le cas où aucun ayant droit ne demeure est également prévu. Une relation à Dieu ne permet pas de conserver ce qui a été pris à quelqu’un sous prétexte que l’on aurait seulement demandé pardon.

11 L’Éternel parla à Moïse, et dit :

12 Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras : Si une femme se détourne de son mari, et lui devient infidèle ;

13 si un autre a commerce avec elle, et que la chose soit cachée aux yeux de son mari ; si elle s’est souillée en secret, sans qu’il y ait de témoin contre elle, et sans qu’elle ait été prise sur le fait ; -

14 et si le mari est saisi d’un esprit de jalousie et a des soupçons sur sa femme, qui s’est souillée, ou bien s’il est saisi d’un esprit de jalousie et a des soupçons sur sa femme, qui ne s’est point souillée ; -

15 cet homme amènera sa femme au sacrificateur, et apportera en offrande pour elle un dixième d’épha de farine d’orge ; il n’y répandra point d’huile, et n’y mettra point d’encens, car c’est une offrande de jalousie, une offrande de souvenir, qui rappelle une iniquité.

16 Le sacrificateur la fera approcher, et la fera tenir debout devant l’Éternel.

17 Le sacrificateur prendra de l’eau sainte dans un vase de terre ; il prendra de la poussière sur le sol du tabernacle, et la mettra dans l’eau.

18 Le sacrificateur fera tenir la femme debout devant l’Éternel ; il découvrira la tête de la femme, et lui posera sur les mains l’offrande de souvenir, l’offrande de jalousie ; le sacrificateur aura dans sa main les eaux amères qui apportent la malédiction.

19 Le sacrificateur fera jurer la femme, et lui dira : Si aucun homme n’a couché avec toi, et si, étant sous la puissance de ton mari, tu ne t’en es point détournée pour te souiller, ces eaux amères qui apportent la malédiction ne te seront point funestes.

20 Mais si, étant sous la puissance de ton mari, tu t’en es détournée et que tu te sois souillée, et si un autre homme que ton mari a couché avec toi, -

21 et le sacrificateur fera jurer la femme avec un serment d’imprécation, et lui dira : — Que l’Éternel te livre à la malédiction et à l’exécration au milieu de ton peuple, en faisant dessécher ta cuisse et enfler ton ventre,

22 et que ces eaux qui apportent la malédiction entrent dans tes entrailles pour te faire enfler le ventre et dessécher la cuisse ! Et la femme dira : Amen ! Amen !

Note · Nombres 5.11–22

Le soupçon ne constitue pas encore une preuve

Le texte envisage explicitement que le mari soit jaloux alors que sa femme n’a pas été infidèle. Le rite transporte cette incertitude devant le prêtre. Les images corporelles de la malédiction reçoivent diverses traductions ; elles ne permettent pas de présenter la scène comme une expérience médicale dont on saurait reconstituer exactement les effets.

23 Le sacrificateur écrira ces imprécations dans un livre, puis les effacera avec les eaux amères.

24 Et il fera boire à la femme les eaux amères qui apportent la malédiction, et les eaux qui apportent la malédiction entreront en elle pour produire l’amertume.

25 Le sacrificateur prendra des mains de la femme l’offrande de jalousie, il agitera l’offrande de côté et d’autre devant l’Éternel, et il l’offrira sur l’autel ;

26 le sacrificateur prendra une poignée de cette offrande comme souvenir, et il la brûlera sur l’autel. C’est après cela qu’il fera boire les eaux à la femme.

27 Quand il aura fait boire les eaux, il arrivera, si elle s’est souillée et a été infidèle à son mari, que les eaux qui apportent la malédiction entreront en elle pour produire l’amertume ; son ventre s’enflera, sa cuisse se desséchera, et cette femme sera en malédiction au milieu de son peuple.

28 Mais si la femme ne s’est point souillée et qu’elle soit pure, elle sera reconnue innocente et aura des enfants.

29 Telle est la loi sur la jalousie, pour le cas où une femme sous la puissance de son mari se détourne et se souille,

30 et pour le cas où un mari saisi d’un esprit de jalousie a des soupçons sur sa femme : le sacrificateur la fera tenir debout devant l’Éternel, et lui appliquera cette loi dans son entier.

31 Le mari sera exempt de faute, mais la femme portera la peine de son iniquité.

Note · Nombres 5.23–31

Une issue d’innocence dans un cadre inégal

La femme peut être déclarée indemne et capable d’avoir des enfants. Le mari n’est pas soumis à une procédure symétrique. Cette limite du système reste visible dans le texte ; le rite ne peut être proposé comme une méthode légitime d’enquête conjugale ni servir à identifier infertilité et faute sexuelle.