1 Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée.

2 Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu’il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu’il avait faite.

3 Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu’il avait créée en la faisant.

Note · Genèse 2.1–3

L’achèvement inclut le repos

Le septième jour appartient à la conclusion du récit commencé en Genèse 1. Le repos de Dieu n’est pas présenté comme la récupération d’une fatigue. Il marque un achèvement et donne au temps une dimension qui dépasse l’accumulation des tâches et de la production.

4 Voici les origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés.

5 Lorsque l’Éternel Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol.

6 Mais une vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol.

7 L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant.

8 Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé.

9 L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.

11 Le nom du premier est Pischon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or.

12 L’or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d’onyx.

13 Le nom du second fleuve est Guihon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Cusch.

14 Le nom du troisième fleuve est le Tigre ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième fleuve, c’est l’Euphrate.

Note · Genèse 2.4–14

La vie reçue et la terre habitée

L’humain est formé à partir du sol et reçoit le souffle de vie. Sa dignité ne supprime pas sa dépendance. Les indications géographiques donnent au jardin un horizon concret, mais elles ne suffisent pas à établir aujourd’hui son emplacement exact sur une carte.

15 L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.

16 L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ;

17 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.

Note · Genèse 2.15–17

Une vocation et une limite

Le travail précède la désobéissance : il ne constitue donc pas, en lui-même, une malédiction. L’interdit rappelle que l’humain ne définit pas seul toutes les conditions de sa vie. Le récit ne présente pas la connaissance ou l’intelligence comme mauvaises en elles-mêmes.

18 L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui.

19 L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme.

20 Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux sauvages ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.

21 Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.

22 L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme.

23 Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme.

24 C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

25 L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte.

Note · Genèse 2.18–25

Un vis-à-vis de même humanité

La solitude est le premier élément déclaré inadéquat dans le jardin. La femme est reconnue comme partageant l’humanité de l’homme. La fonction d’aide ne suffit pas à établir une infériorité. Jésus reprend la relation conjugale de ce passage en Matthieu 19.4-6 ; cette réception chrétienne doit rester attentive à la réciprocité décrite ici.