1 Il y avait un homme de la montagne d’Éphraïm, dont le nom était Mica.

2 Il dit à sa mère : Les onze cents pièces d’argent qui te furent prises, et pour lesquelles tu fis des imprécations, même à mes oreilles, voici, cet argent est entre mes mains ; c’est moi qui l’avais pris. Alors sa mère dit : Que mon fils soit béni par l’Éternel !

3 Et il rendit à sa mère les onze cents pièces d’argent. Sa mère dit : Je consacre de ma main cet argent à l’Éternel pour mon fils, afin d’en faire une image taillée et une image de fonte ; et maintenant, je te le rends.

4 Il rendit l’argent à sa mère ; et elle en prit deux cents pièces, et les donna au fondeur, qui en fit une image taillée et une image de fonte ; et elles furent dans la maison de Mica.

5 Ainsi ce Mica eut une maison de dieux ; il fit un éphod et des théraphim, et consacra l’un de ses fils, qui lui servit de sacrificateur.

6 En ce temps-là il n’y avait point de roi en Israël, chacun faisait ce qui lui semblait bon.

Note · Juges 17.1–6

Restituer l’argent ne rend pas toute son utilisation fidèle

Le vol est avoué, la malédiction remplacée par une bénédiction et une image fabriquée. Le récit ne présente pas cette succession comme une restauration sans reste : l’éphod, les théraphim et la nomination du fils constituent un culte organisé à l’initiative de Mika. La phrase sur l’absence de roi situe cette entreprise dans le désordre que le livre interroge.

7 Or, il y avait un jeune homme de Bethléhem de Juda, de la famille de Juda, qui était Lévite, et il séjournait là.

8 Cet homme partit de la ville de Bethléhem de Juda, pour aller demeurer où il trouverait son avantage. Et il vint, en poursuivant son chemin, à la montagne d’Éphraïm, jusqu’à la maison de Mica.

9 Et Mica lui dit : D’où viens-tu ? Le Lévite lui répondit : Je suis de Bethléhem de Juda, et je cherche une demeure où je trouverai mon avantage.

10 Et Mica lui dit : Demeure avec moi, et sers-moi de père et de sacrificateur ; et je te donnerai dix pièces d’argent par an, un habillement complet et ta nourriture. Et le Lévite y alla.

Note · Juges 17.7–10

La précarité du desservant rencontre l’intérêt du propriétaire

Le jeune Lévite cherche un lieu où vivre. Mika lui propose entretien, vêtements et salaire, en le nommant père et prêtre. Le besoin matériel n’est pas en lui-même condamné ; le problème se joue dans la relation à un culte privé dont le propriétaire attend une garantie pour sa propre maison.

11 Ainsi le Lévite se décida à demeurer avec cet homme, et ce jeune homme fut pour lui comme l’un de ses fils.

12 Et Mica consacra le Lévite, et le jeune homme lui servit de sacrificateur, et demeura dans sa maison.

13 Alors Mica dit : Maintenant je sais que l’Éternel me fera du bien, parce que j’ai ce Lévite pour sacrificateur.

Note · Juges 17.11–13

Un statut religieux ne met pas Dieu à disposition

La présence du Lévite remplace celle du fils dans la fonction sacerdotale et donne à Mika une certitude de faveur. Cette certitude est sa propre conclusion, non une promesse divine transmise par le narrateur. Posséder un objet, rémunérer un ministre ou appartenir à une institution ne permet pas de traiter la bénédiction comme un résultat acquis.