1 Or, voici les noms des fils d’Israël qui vinrent en Égypte avec Jacob. Ils y vinrent chacun avec sa famille.
2 Ruben, Siméon, Lévi et Juda,
3 Issacar, Zabulon et Benjamin,
4 Dan et Nephtali, Gad et Asser.
5 Toutes les personnes issues de Jacob étaient soixante et dix ; et Joseph était en Égypte.
6 Or Joseph mourut, ainsi que tous ses frères, et toute cette génération.
7 Et les enfants d’Israël s’accrurent et foisonnèrent, et se multiplièrent et devinrent très puissants ; et le pays en fut rempli.
Note · Exode 1.1–7
Des noms avant une population
La liste rattache le peuple aux personnes de la Genèse. Avant d’être désignés comme une masse inquiétante, les descendants d’Israël possèdent une histoire et des liens. La fécondité du groupe répond aux promesses anciennes sans faire disparaître la mémoire des individus qui l’ont précédée.
8 Mais il s’éleva sur l’Égypte un nouveau roi, qui n’avait point connu Joseph.
9 Et il dit à son peuple : Voici, le peuple des enfants d’Israël est plus grand et plus puissant que nous ;
10 Allons ! agissons prudemment avec lui, de peur qu’il ne s’accroisse, et que s’il arrive quelque guerre, il ne se joigne aussi à nos ennemis, ne combatte contre nous, et ne monte hors du pays.
11 Ils établirent donc sur lui des chefs de corvées, pour l’accabler par leurs travaux ; et il bâtit pour Pharaon des villes de munitions, Pithom et Ramsès.
12 Mais plus ils l’accablaient, plus il multipliait et se répandait ; et ils prirent peur des enfants d’Israël.
13 Et les Égyptiens firent servir les enfants d’Israël avec rigueur ;
14 Et ils leur rendirent la vie amère, par un rude travail à l’argile et aux briques, et par toutes sortes de travaux des champs, ainsi que tous les services qu’ils leur imposaient avec rigueur.
Note · Exode 1.8–14
Une peur fabriquée pour légitimer l’exploitation
Le roi attribue au groupe un risque de trahison avant qu’un acte hostile soit raconté. Le travail imposé devient un instrument de contrôle. Le passage donne à voir le mécanisme d’une oppression : l’accusation collective précède et justifie le traitement dégradant des personnes.
15 Le roi d’Égypte parla aussi aux sages-femmes des Hébreux, dont l’une s’appelait Shiphra, et l’autre Pua,
16 Et il dit : Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, et que vous les verrez sur les sièges, si c’est un fils, vous le ferez mourir ; mais si c’est une fille, qu’elle vive.
17 Mais les sages-femmes craignirent Dieu, et ne firent pas ce que le roi d’Égypte leur avait dit ; et elles laissèrent vivre les garçons.
18 Alors le roi d’Égypte appela les sages-femmes, et leur dit : Pourquoi avez-vous fait ainsi, et avez-vous laissé vivre les garçons ?
19 Et les sages-femmes répondirent à Pharaon : C’est que les femmes des Hébreux ne sont point comme les Égyptiennes, car elles sont vigoureuses ; avant que la sage-femme arrive auprès d’elles, elles ont accouché.
20 Et Dieu fit du bien aux sages-femmes ; et le peuple se multiplia et devint très nombreux.
21 Et parce que les sages-femmes craignirent Dieu, il fit prospérer leurs maisons.
Note · Exode 1.15–21
La crainte de Dieu limite l’obéissance au roi
Les sages-femmes refusent d’exécuter l’ordre meurtrier. Leur action rappelle que l’autorité politique ne définit pas seule le bien. Le récit loue leur protection de la vie ; il ne réduit pas la fidélité religieuse à une soumission sans discernement devant celui qui commande.
22 Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : Jetez dans le fleuve tous les fils qui naîtront, mais laissez vivre toutes les filles.
Note · Exode 1.22
La violence devient une affaire publique
Pharaon étend l’ordre de mort à son peuple. Le danger n’est plus seulement celui d’une décision secrète confiée à deux professionnelles. La scène prépare la naissance de Moïse : sa survie dépendra de personnes qui ne laisseront pas cet ordre déterminer tous leurs gestes.