1 Or, Joseph fut emmené en Égypte, et Potiphar, officier de Pharaon, chef des gardes, homme égyptien, l’acheta des Ismaélites, qui l’y avaient amené.

2 Et l’Éternel fut avec Joseph ; et il prospérait. Et il était dans la maison de son maître l’Égyptien.

3 Et son maître vit que l’Éternel était avec lui, et que l’Éternel faisait prospérer entre ses mains tout ce qu’il faisait.

4 Joseph trouva donc grâce à ses yeux, et il le servait ; et son maître l’établit sur sa maison, et remit entre ses mains tout ce qu’il avait.

5 Or, depuis qu’il l’eut établi dans sa maison et sur tout ce qu’il avait, l’Éternel bénit la maison de l’Égyptien, à cause de Joseph. Et la bénédiction de l’Éternel fut sur tout ce qu’il avait, dans la maison et aux champs.

6 Et il laissa entre les mains de Joseph tout ce qui était à lui, et il ne prenait connaissance de rien avec lui, si ce n’est du pain qu’il mangeait. Or, Joseph était beau de taille, et beau de visage.

Note · Genèse 39.1–6

Une compétence reconnue dans une condition injuste

La confiance du maître grandit avec la responsabilité confiée à Joseph. Le bien qui advient dans cette maison est rapporté à la présence de Dieu. Cela ne transforme pas l’achat d’un être humain en pratique juste : le récit commence avec une personne privée de liberté.

7 Et il arriva, après ces choses, que la femme de son maître jeta les yeux sur Joseph, et dit : Couche avec moi.

8 Mais il refusa, et il dit à la femme de son maître : Voici, mon maître ne prend connaissance avec moi de rien dans la maison, et il a remis entre mes mains tout ce qui lui appartient.

9 Nul n’est plus grand dans cette maison que moi, et il ne m’a rien interdit que toi, parce que tu es sa femme. Comment ferais-je un si grand mal, et pécherais-je contre Dieu ?

10 Et bien qu’elle en parlât tous les jours à Joseph, il ne voulut point l’écouter pour coucher auprès d’elle, ni pour être avec elle.

11 Mais il arriva, un jour, qu’il vint à la maison pour faire son ouvrage, et il n’y avait là aucun des gens de la maison ;

12 Et elle le prit par son vêtement, en disant : Couche avec moi ; mais il laissa son vêtement entre ses mains, et s’enfuit et sortit dehors.

Note · Genèse 39.7–12

Un refus sous pression

Joseph refuse de trahir la confiance de son maître et de pécher contre Dieu. L’insistance de la femme et la tentative de le retenir montrent une pression exercée sur un homme dépendant de la maison. Sa fuite protège une limite ; elle n’est pas une preuve de culpabilité.

13 Et dès qu’elle vit qu’il avait laissé son vêtement entre ses mains, et qu’il s’était enfui dehors,

14 Elle appela les gens de sa maison, et leur parla, en disant : Voyez, on nous a amené un homme hébreu pour se jouer de nous ; il est venu vers moi pour coucher avec moi ; mais j’ai crié à haute voix.

15 Et dès qu’il a entendu que j’élevais la voix et que je criais, il a laissé son vêtement près de moi, et s’est enfui, et est sorti dehors.

16 Et elle mit le vêtement de Joseph auprès d’elle, jusqu’à ce que son maître vînt à la maison.

17 Alors elle lui parla dans les mêmes termes, en disant : L’esclave hébreu, que tu nous as amené, est venu vers moi, pour se jouer de moi.

18 Mais comme j’ai élevé la voix, et que j’ai crié, il a laissé son vêtement près de moi, et s’est enfui dehors.

19 Et dès que le maître de Joseph eut entendu les paroles de sa femme, qui lui disait : Voilà ce que m’a fait ton esclave, sa colère s’enflamma.

20 Et le maître de Joseph le prit, et le mit dans la forteresse, lieu où les prisonniers du roi étaient enfermés. Il fut donc là dans la forteresse.

Note · Genèse 39.13–20

Un vêtement devient une fausse preuve

Le vêtement abandonné est utilisé pour soutenir l’accusation. La personne qui détient la parole socialement la plus forte impose sa version. Ce récit particulier de mensonge ne doit pas servir à présumer que les personnes dénonçant des violences sexuelles mentent : le lecteur connaît ici les faits parce que le narrateur les a racontés.

21 Mais l’Éternel fut avec Joseph, et il étendit sa bonté sur lui, et lui fit trouver grâce aux yeux du commandant de la forteresse.

22 Et le commandant de la forteresse remit entre les mains de Joseph tous les prisonniers qui étaient dans la forteresse ; et tout ce qui s’y faisait, c’était lui qui le faisait.

23 Le commandant de la forteresse ne revoyait rien de tout ce que Joseph avait entre les mains, parce que l’Éternel était avec lui, et que l’Éternel faisait prospérer ce qu’il faisait.

Note · Genèse 39.21–23

La prison ne signifie pas l’abandon

La présence divine et la responsabilité accordée à Joseph se retrouvent dans la prison. L’injustice subie n’est pas corrigée immédiatement. Le chapitre ne promet pas à chaque détenu innocent une promotion ; il affirme que le personnage reste accompagné au sein d’une situation qui demeure injuste.