1 Cependant les enfants d’Israël commirent un grand péché au sujet de l’interdit. Acan, fils de Carmi, fils de Zabdi, fils de Zérach, de la tribu de Juda, prit de l’interdit, et la colère de l’Éternel s’enflamma contre les enfants d’Israël.
2 Josué envoya de Jérico des hommes vers Aï, qui est près de Beth-Aven, à l’orient de Béthel, et leur parla, en disant : Montez et explorez le pays. Ces hommes montèrent donc et explorèrent Aï.
3 Puis ils revinrent vers Josué, et lui dirent : Que tout le peuple n’y monte point, et qu’environ deux ou trois mille hommes y montent, et ils battront Aï. Ne fatigue pas là tout le peuple ; car ils sont peu nombreux.
4 Environ trois mille hommes du peuple y montèrent donc ; mais ils s’enfuirent devant les gens d’Aï.
5 Et les gens d’Aï en tuèrent environ trente-six hommes ; ils les poursuivirent depuis la porte jusqu’à Shebarim, et les battirent à la descente. Et le cœur du peuple se fondit et devint comme de l’eau.
Note · Josué 7.1–5
La confiance militaire ne voit pas tout ce qui engage la communauté
Le conseil des éclaireurs réduit l’effort à fournir devant une petite ville, puis la défaite entraîne des morts réelles. Le récit ne dit pas que ces soldats étaient chacun auteurs de la faute d’Acan. Il présente des conséquences collectives sans permettre d’identifier toute victime à un coupable personnel.
6 Et Josué déchira ses vêtements, et tomba le visage contre terre, devant l’arche de l’Éternel, jusqu’au soir, lui et les anciens d’Israël, et ils jetèrent de la poussière sur leur tête.
7 Et Josué dit : Ah ! Seigneur Éternel, pourquoi as-tu fait passer le Jourdain à ce peuple, pour nous livrer entre les mains de l’Amoréen, pour nous faire périr ? Oh ! que n’avons-nous pris le parti de demeurer au delà du Jourdain !
8 Hélas ! Seigneur, que dirai-je, après qu’Israël a tourné le dos devant ses ennemis ?
9 Les Cananéens et tous les habitants du pays l’apprendront ; ils nous envelopperont ; ils retrancheront notre nom de la terre ; et que feras-tu pour ton grand nom ?
10 Alors l’Éternel dit à Josué : Lève-toi ! Pourquoi es-tu ainsi étendu, le visage contre terre ?
11 Israël a péché ; ils ont même transgressé mon alliance, que je leur avais prescrite, et ils ont pris de l’interdit ; ils en ont dérobé, et ont menti, et ils l’ont mis dans leurs bagages.
12 C’est pourquoi les enfants d’Israël ne pourront pas subsister devant leurs ennemis ; ils tourneront le dos devant leurs ennemis, car ils sont tombés en interdit. Je ne serai plus avec vous, si vous n’exterminez l’interdit du milieu de vous.
13 Lève-toi, sanctifie le peuple, et dis : Sanctifiez-vous pour demain ; car ainsi a dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Il y a de l’interdit au milieu de toi, ô Israël ; tu ne pourras pas subsister devant tes ennemis, jusqu’à ce que vous ayez ôté l’interdit du milieu de vous.
14 Vous vous approcherez donc, le matin, selon vos tribus ; et la tribu que l’Éternel saisira s’approchera par familles ; et la famille que l’Éternel saisira s’approchera par maisons ; et la maison que l’Éternel saisira s’approchera par hommes.
15 Et celui qui aura été saisi, ayant de l’interdit, sera brûlé au feu, lui et tout ce qui est à lui, parce qu’il a transgressé l’alliance de l’Éternel, et qu’il a commis une infamie en Israël.
Note · Josué 7.6–15
La plainte reçoit une réponse qui demande d’agir
Josué exprime peur et incompréhension devant Dieu. La réponse lui demande de se relever et désigne une rupture de l’alliance. Cette révélation appartient au récit ; elle n’autorise pas un responsable actuel à présenter sa propre intuition comme une preuve divine ni à chercher un coupable pour chaque revers.
16 Josué se leva donc de bon matin, et fit approcher Israël selon ses tribus, et la tribu de Juda fut saisie.
17 Puis il fit approcher les familles de Juda, et la famille des descendants de Zérach fut saisie. Puis il fit approcher la famille des descendants de Zérach, par hommes, et Zabdi fut saisi.
18 Et il fit approcher sa maison par hommes, et Acan, fils de Carmi, fils de Zabdi, fils de Zérach, de la tribu de Juda, fut saisi.
19 Alors Josué dit à Acan : Mon fils, donne gloire à l’Éternel, le Dieu d’Israël, et rends-lui hommage. Déclare-moi, je te prie, ce que tu as fait ; ne me le cache point.
20 Et Acan répondit à Josué, et dit : C’est vrai, j’ai péché contre l’Éternel, le Dieu d’Israël ; et voici ce que j’ai fait.
21 J’ai vu dans le butin un beau manteau de Shinear, et deux cents sicles d’argent, et un lingot d’or du poids de cinquante sicles ; je les ai convoités et pris ; et voici, ces choses sont cachées dans la terre, au milieu de ma tente, et l’argent est dessous.
22 Alors Josué envoya des messagers qui coururent à la tente ; et voici, le manteau était caché dans sa tente, et l’argent était dessous.
23 Ils les prirent donc du milieu de la tente, et les apportèrent à Josué et à tous les enfants d’Israël, et les déposèrent devant l’Éternel.
Note · Josué 7.16–23
Le mouvement du désir aboutit à la dissimulation
La désignation se resserre jusqu’à Acan, qui décrit le regard, la convoitise, la prise et la cachette. Les objets retrouvés confirment ici son aveu. Le texte ne décrit pas assez le procédé de désignation pour en faire une méthode judiciaire reproductible, et la confession ne supprime pas la gravité de la suite.
24 Alors Josué, et tout Israël avec lui, prirent Acan, fils de Zérach, l’argent, le manteau, le lingot d’or, ses fils et ses filles, ses bœufs, ses ânes, ses brebis, sa tente, et tout ce qui était à lui ; et ils les firent monter dans la vallée d’Acor.
25 Et Josué dit : Pourquoi nous as-tu troublés ? L’Éternel te troublera aujourd’hui. Et tous les Israélites l’assommèrent de pierres. Ils les brûlèrent au feu, et ils les lapidèrent.
26 Et ils élevèrent sur lui un grand monceau de pierres, qui a subsisté jusqu’à ce jour. Et l’Éternel revint de l’ardeur de sa colère. C’est pourquoi on a nommé ce lieu-là, la vallée d’Acor (du trouble), jusqu’à aujourd’hui.
Note · Josué 7.24–26
La violence familiale du dénouement ne peut être résolue par une supposition
La maison d’Acan et ses biens sont rassemblés dans la vallée. Les variations du singulier et du pluriel dans la sanction ne permettent pas d’affirmer que ses enfants étaient complices. Deutéronome 24.16 distingue la faute du père de celle des enfants ; cette tension biblique doit rester visible. Osée 2 reprendra plus tard Acor dans une image d’espérance.