1 Alors Moïse, et les enfants d’Israël chantèrent ce cantique à l’Eternel, et dirent : je chanterai à l’Eternel, car il s’est hautement élevé ; il a jeté dans la mer le cheval et celui qui le monte.

2 L’Eternel est ma force et ma louange, et il a été mon Sauveur, mon Dieu Fort. Je lui dresserai un Tabernacle ; c’est le Dieu de mon père, je l’exalterai.

3 L’Eternel est un vaillant guerrier, son nom est l’Eternel.

4 Il a jeté dans la mer les chariots de Pharaon, et son armée ; l’élite de ses Capitaines a été submergée dans la mer rouge.

5 Les gouffres les ont couverts, ils sont descendus au fond des eaux comme une pierre.

6 Ta dextre, ô Eternel ! s’est montrée magnifique en force ; ta dextre, ô Eternel ! a froissé l’ennemi.

7 Tu as ruiné par la grandeur de ta Majesté ceux qui s’élevaient contre toi ; tu as lâché ta colère, et elle les a consumés comme du chaume.

8 Par le souffle de tes narines les eaux ont été amoncelées ; les eaux courantes se sont arrêtées comme un monceau ; les gouffres ont été gelés au milieu de la mer.

9 L’ennemi disait : je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai le butin, mon âme sera assouvie d’eux, je dégainerai mon épée, ma main les détruira.

10 Tu as soufflé de ton vent, la mer les a couverts ; ils ont été enfoncés comme du plomb dans les eaux magnifiques.

Note · Exode 15.1–10

La poésie célèbre le renversement de la force

Les images de souffle, d’eau et de puissance mettent l’armée poursuivante à sa juste limite. Le chant appartient à une mémoire de délivrance. Il ne doit pas être isolé de ce contexte pour faire de la violence militaire un idéal religieux valable contre n’importe quel adversaire.

11 Qui est comme toi entre les Forts, ô Eternel ! Qui est comme toi, magnifique en sainteté, digne d’être révéré et célébré, faisant des choses merveilleuses ?

12 Tu as étendu ta dextre, la terre les a engloutis.

13 Tu as conduit par ta miséricorde ce peuple que tu as racheté ; tu l’as conduit par ta force à la demeure de ta sainteté.

14 Les peuples l’ont entendu, et ils en ont tremblé ; la douleur a saisi les habitants de la Palestine.

15 Alors les Princes d’Edom seront troublés, et le tremblement saisira les forts de Moab, tous les habitants de Chanaan se fondront.

16 La frayeur et l’épouvante tomberont sur eux ; ils seront rendus stupides comme une pierre, par la grandeur de ton bras, jusqu’à ce que ton peuple, ô Eternel ! soit passé ; jusqu’à ce que ce peuple que tu as acquis, soit passé.

17 Tu les introduiras et les planteras sur la montagne de ton héritage, au lieu que tu as préparé pour ta demeure ô Eternel ! au Sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi.

18 L’Eternel régnera à jamais et à perpétuité.

Note · Exode 15.11–18

La délivrance regarde vers une demeure

Le chant ne s’arrête pas à la chute des cavaliers : il évoque un peuple conduit et établi. Sa perspective dépasse l’instant de la mer. Cette portée invite à entendre ensemble salut et avenir, sans confondre les images poétiques avec l’itinéraire détaillé de chaque étape.

19 Car le cheval de Pharaon est entré dans la mer avec son chariot et ses gens de cheval, et l’Eternel a fait retourner sur eux les eaux de la mer, mais les enfants d’Israël ont marché à sec au milieu de la mer.

20 Et Marie la Prophétesse, soeur d’Aaron, prit un tambour en sa main, et toutes les femmes sortirent après elle, avec des tambours et des flûtes.

21 Et Marie leur répondait : chantez à l’Eternel, car il s’est hautement élevé ; il a jeté dans la mer le cheval et celui qui le montait.

Note · Exode 15.19–21

Les femmes portent aussi la mémoire publique

Miryam est nommée comme prophétesse et conduit la réponse des femmes. Le récit leur donne une place visible dans la célébration, après le rôle des femmes dans la protection de Moïse. La mémoire de la sortie ne se transmet donc pas par la seule parole des dirigeants masculins.

22 Après cela Moïse fit partir les Israélites de la mer rouge, et ils tirèrent vers le désert de Sur, et ayant marché trois jours par le désert, ils ne trouvaient point d’eau.

23 De là ils vinrent à Mara, mais ils ne pouvaient point boire des eaux de Mara, parce qu’elles étaient amères ; c’est pourquoi ce lieu fut appelé Mara.

24 Et le peuple murmura contre Moïse, en disant : que boirons-nous ?

25 Et Moïse cria à l’Eternel ; et l’Eternel lui enseigna un certain bois, qu’il jeta dans les eaux ; et les eaux devinrent douces. Il lui proposa là une ordonnance et une loi, et il l’éprouva là ;

26 Et lui dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l’Eternel ton Dieu ; si tu fais ce qui est droit devant lui ; si tu prêtes l’oreille à ses commandements ; si tu gardes toutes ses ordonnances ; je ne ferai venir sur toi aucune des infirmités que j’ai fait venir sur l’Egypte ; car je suis l’Eternel qui te guérit.

27 Puis ils vinrent à Elim, où il y avait douze fontaines d’eau, et soixante et dix palmes ; et ils se campèrent là auprès des eaux.

Note · Exode 15.22–27

La soif revient après le chant

La difficulté de boire ne rend pas fausse la délivrance précédente. La réponse à Mara associe secours et apprentissage de l’écoute. La parole de guérison appartient à cette alliance racontée ; elle ne permet pas de promettre à toute personne obéissante une exemption de maladie ni d’imputer chaque maladie à une faute.