1 Il y eut aussi un sort pour la Tribu de Manassé qui fut le premier-né de Joseph. Quant à Makir premier-né de Manassé, et père de Galaad, parce qu’il fut un homme belliqueux, il eut Galaad et Basan.
2 Puis le reste des enfants de Manassé eut ce sort, selon ses familles ; savoir les enfants d’Abihézer, les enfants de Helek, les enfants d’Asriël, les enfants de Sekem, les enfants de Hépher, et les enfants de Semidah. Ce sont là les enfants mâles de Manassé fils de Joseph, selon leurs familles.
3 Or Tselophcad fils de Hépher fils de Galaad, fils de Makir, fils de Manassé, n’eut point de fils, mais des filles ; et ce sont ici leurs noms, Mahla, Noha, Hogla, Milca et Tirtsa ;
4 Lesquelles vinrent se présenter devant Eléazar le Sacrificateur, et devant Josué, fils de Nun, et devant les principaux du peuple, en disant : L’Eternel a commandé à Moïse qu’on nous donnât un héritage parmi nos frères ; c’est pourquoi on leur donna un héritage parmi les frères de leur père, selon le commandement de l’Eternel.
5 Et dix portions échurent à Manassé, outre le pays de Galaad et de Basan, qui étaient au delà du Jourdain.
6 Car les filles de Manassé eurent un héritage parmi ses enfants ; et le pays de Galaad fut pour le reste des enfants de Manassé.
Note · Josué 17.1–6
Une parole de justice doit devenir un héritage réel
Les cinq sœurs sont nommées et rappellent l’ordre reçu de Dieu par Moïse. Nombres 27 racontait leur demande, et Nombres 36 en encadrait les conséquences dans la tribu. Josué raconte maintenant l’attribution. Cette continuité souligne l’écart possible entre un droit annoncé et sa mise en œuvre : la mémoire d’une décision ne suffit pas si personne n’en reçoit le bénéfice.
7 Or la frontière de Manassé fut du côté d’Aser, venant à Micmethah, qui était au devant de Sichem ; puis cette frontière devait aller à main droite vers les habitants de Hen-Tappuah.
8 Or le pays de Tappuah appartenait à Manassé ; mais Tappuah qui était près des confins de Manassé, appartenait aux enfants d’Ephraïm.
9 De là cette frontière devait descendre au torrent de Kana, tirant vers le Midi du torrent. Ces villes-là sont à Ephraïm parmi les villes de Manassé. Au reste, la frontière de Manassé était au côté du Septentrion du torrent, et ses extrémités se devaient rendre à la mer.
10 Ce qui était vers le Midi était à Ephraïm, et ce qui était vers le Septentrion, était à Manassé, et il avait la mer pour sa borne ; et, du côté du Septentrion les frontières se rencontraient en Aser, et en Issacar, du côté d’Orient.
11 Car Manassé eut aux quartiers d’Issacar et d’Aser, Beth-séan, et les villes de son ressort ; et Jibléham, et les villes de son ressort ; et les habitants de Dor, et les villes de son ressort ; et les habitants de Hendor, et les villes de son ressort ; et les habitants de Tahanac, et les villes de son ressort ; et les habitants de Meguiddo, et les villes de son ressort, qui sont trois contrées.
12 Au reste, les enfants de Manassé ne purent point déposséder les habitants de ces villes-là, mais les Cananéens osèrent demeurer dans le même pays.
13 Mais depuis que les enfants d’Israël se furent fortifiés, ils rendirent les Cananéens tributaires ; toutefois ils ne les dépossédèrent point entièrement.
Note · Josué 17.7–13
L’attribution du pays ne signifie pas une possession sans reste
Certaines villes relèvent d’autres voisinages et des Cananéens ne sont pas chassés. Lorsqu’Israël devient plus fort, ils sont assujettis plutôt qu’expulsés. Le texte décrit un choix de domination autant qu’une limite militaire antérieure. Cette réalité ne peut être réduite à une coexistence paisible ni utilisée pour justifier le travail contraint.
14 Or les enfants de Joseph parlèrent à Josué, en disant : Pourquoi m’as-tu donné en héritage un seul lot, et une seule portion, vu que je suis un grand peuple, tant l’Eternel m’a béni jusqu’à présent ?
15 Et Josué leur dit : Si tu es un si grand peuple, monte à la forêt, et coupe-la, pour te faire place au pays des Phéréziens et des Réphaïms, si la montagne d’Ephraïm est trop étroite pour toi.
16 Et les enfants de Joseph répondirent : Cette montagne ne sera pas suffisante pour nous, et tous les Cananéens qui habitent au pays de la vallée, ont des chariots de fer, pour ceux qui habitent à Beth-séan, et aux villes de son ressort, et pour ceux qui habitent dans la vallée de Jizrehel.
17 Josué donc parla à la maison de Joseph, savoir à Ephraïm et à Manassé, en disant : Tu es un grand peuple, et tu as de grandes forces, tu n’auras pas une portion seule.
18 Car tu auras la montagne ; et parce que c’est une forêt, tu la couperas, et ses extrémités t’appartiendront ; car tu en déposséderas les Cananéens, quoiqu’ils aient des chariots de fer, et qu ils soient puissants.
Note · Josué 17.14–18
La demande d’espace est accueillie par un appel à agir
Les fils de Joseph invoquent leur nombre, puis la force des chars adverses. Josué les renvoie à leur propre capacité et à la forêt. Il ne leur donne pas simplement une part prise aux autres tribus. Ce récit ancien de défrichement et de conquête ne constitue toutefois ni une consigne générale de déforestation ni une autorisation d’évincer des voisins jugés gênants.