1 Or Sara vécut cent vingt-sept ans ; ce sont là les années de sa vie.
2 Et elle mourut en Kirjath-Arbah, qui est Hébron, au pays de Canaan ; et Abraham vint pour plaindre Sara, et pour la pleurer.
3 Et s’étant levé de devant son mort, il parla aux Héthiens, en disant :
4 Je suis étranger et forain parmi vous ; donnez-moi une possession de sépulcre parmi vous, afin que j’enterre mon mort, et que je l’ôte de devant moi.
5 Et les Héthiens répondirent à Abraham, et lui dirent :
6 Mon Seigneur, écoute-nous ; tu es parmi nous un Prince excellent, enterre ton mort dans le plus distingué de nos sépulcres ; nul de nous ne te refusera son sépulcre, afin que tu y enterres ton mort.
Note · Genèse 23.1–6
Le deuil appartient à la vie de foi
Abraham pleure Sara avant d’engager les démarches pour sa sépulture. La confiance dans une promesse ne supprime pas la séparation. Le respect que lui témoignent ses interlocuteurs montre aussi que sa relation au pays passe par des personnes avec lesquelles il doit parler et négocier.
7 Alors Abraham se leva, et se prosterna devant le peuple du pays ; c’est-à — dire, devant les Héthiens.
8 Et il leur parla, et dit : S’il vous plaît que j’enterre mon mort, et que je l’ôte de devant moi, écoutez-moi, et intercédez pour moi envers Héphron, fils de Tsohar ;
9 Afin qu’il me cède sa caverne de Macpéla, qui est au bout de son champ ; qu’il me la cède au milieu de vous, pour le prix qu’elle vaut, et que je la possède pour en faire un sépulcre.
10 Or Héphron était assis parmi les Héthiens. Héphron donc Héthien répondit à Abraham, en présence des Héthiens, qui l’écoutaient, savoir de tous ceux qui entraient par la porte de sa ville, en disant :
11 Non, mon Seigneur, écoute-moi : Je te donne le champ, je te donne aussi la caverne qui y est, je te la donne en présence des enfants de mon peuple ; enterres-y ton mort.
12 Et Abraham se prosterna devant le peuple du pays.
13 Et il parla à Héphron, tout le peuple du pays l’entendant, et lui dit : S’il te plaît, je te prie, écoute-moi : Je donnerai l’argent du champ ; reçois-le de moi, et j’y enterrerai mon mort.
14 Et Héphron répondit à Abraham, en disant :
15 Mon Seigneur, écoute-moi : La terre vaut quatre cents sicles d’argent entre moi et toi ; mais qu’est-ce que cela ? Enterre donc ton mort.
16 Et Abraham ayant entendu Héphron, lui paya l’argent dont il avait parlé, les Héthiens l’entendant, savoir quatre cents sicles d’argent, ayant cours entre les marchands.
Note · Genèse 23.7–16
Un achat rendu public
Le dialogue autour du champ et de la caverne suit un échange de propositions et de réponses. Abraham insiste pour payer. Le texte ne permet pas de décider avec certitude de la sincérité de chaque formule de courtoisie ; il souligne surtout la reconnaissance publique de la transaction.
17 Et le champ d’Héphron, qui était en Macpéla au devant de Mamré, tant le champ que la caverne qui y était, et tous les arbres qui étaient dans le champ, et dans tous ses confins tout autour,
18 Tout fut acquis en propriété à Abraham, en présence des Héthiens, savoir de tous ceux qui entraient par la porte de la ville.
19 Et après cela Abraham enterra Sara sa femme dans la caverne du champ de Macpéla, au devant de Mamré, qui est Hébron, au pays de Canaan.
20 Le champ donc et la caverne qui y est, fut assuré par les Héthiens à Abraham, afin qu’il le possédât pour y faire son sépulcre.
Note · Genèse 23.17–20
Une possession limitée mais réelle
Le relevé du champ, de la caverne et des arbres donne à l’acquisition une consistance précise. Abraham reçoit un lieu d’ensevelissement, non l’ensemble du pays. Le chapitre montre comment l’espérance peut s’inscrire dans un acte réel sans que cet acte en épuise encore la portée.