1 L’Eternel donc dit à Moïse : va, monte d’ici, toi et le peuple que tu as fait monter du pays d’Egypte, au pays duquel j’ai juré à Abraham, Isaac, et Jacob, en disant : je le donnerai à ta postérité.
2 Et j’enverrai un Ange devant toi, et je chasserai les Cananéens, les Amorrhéens, les Héthiens ; les Phérésiens, les Héviens ; et les Jébusiens,
3 pour vous conduire au pays découlant de lait et de miel, mais je ne monterai point au milieu de toi, parce que tu es un peuple de col roide, de peur que je ne te consume en chemin.
4 Et le peuple ouït ces tristes nouvelles, et en mena deuil, et aucun d’eux ne mit ses ornements sur soi.
5 Car l’Eternel avait dit à Moïse : dis aux enfants d’Israël : vous êtes un peuple de col roide ; je monterai en un moment au milieu de toi, et je te consumerai. Maintenant donc ôte tes ornements de dessus toi, et je saurai ce que je te ferai.
6 Ainsi les enfants d’Israël se dépouillèrent de leurs ornements, vers la montagne d’Horeb.
Note · Exode 33.1–6
La réussite du voyage ne remplace pas la relation
La perspective d’un territoire favorable ne dissipe pas la gravité de l’éloignement annoncé. Le deuil et l’abandon des parures expriment une prise de conscience. Le texte invite à ne pas identifier simplement la présence de Dieu à l’obtention de ce que l’on désirait matériellement.
7 Et Moïse prit un pavillon, et le tendit pour soi hors du camp, l’éloignant du camp ; et il l’appela le pavillon d’assignation ; et tous ceux qui cherchaient l’Eternel, sortaient vers le pavillon d’assignation, qui était hors du camp.
8 Et il arrivait qu’aussitôt que Moïse sortait vers le pavillon, tout le peuple se levait, et chacun se tenait à l’entrée de sa tente, et regardait Moïse par derrière, jusqu’à ce qu’il fût entré dans le pavillon.
9 Et sitôt que Moïse était entré dans le pavillon, la colonne de nuée descendait, et s’arrêtait à la porte du pavillon, et l’Eternel parlait avec Moïse.
10 Et tout le peuple voyant la colonne de nuée s’arrêtant à la porte du pavillon, se levait, et chacun se prosternait à la porte de sa tente.
11 Et l’Eternel parlait à Moïse face à face ; comme un homme parle avec son intime ami ; puis Moïse retournait au camp, mais son serviteur Josué fils de Nun, jeune homme, ne bougeait point du pavillon.
Note · Exode 33.7–11
Une tente hors du camp
Le récit décrit ici une tente de rencontre à l’extérieur du camp, alors que le sanctuaire prescrit n’est pas encore construit. Cette différence de présentation doit être reconnue. L’expression du face-à-face précise une proximité de dialogue ; elle n’oblige pas à imaginer une vision physique totale, que la suite limite expressément.
12 Moïse donc dit à l’Eternel : regarde, tu m’as dit : fais monter ce peuple, et tu ne m’as point fait connaître celui que tu dois envoyer avec moi ; tu as même dit : je te connais par ton nom, et aussi, tu as trouvé grâce devant mes yeux
13 Or maintenant, je te prie, si j’ai trouvé grâce devant tes yeux, fais-moi connaître ton chemin, et je te connaîtrai, afin que je trouve grâce devant tes yeux ; considère aussi que cette nation est ton peuple.
14 Et l’Eternel dit : ma face ira, et je te donnerai du repos.
15 Et Moïse lui dit : si ta face ne vient, ne nous fais point monter d’ici.
16 Car en quoi connaîtra-t-on que nous ayons trouvé grâce devant tes yeux, moi et ton peuple ? Ne sera-ce pas quand tu marcheras avec nous ? et alors moi et ton peuple serons en admiration, plus que tous les peuples qui sont sur la terre.
17 Et l’Eternel dit à Moïse : je ferai aussi ce que tu dis ; car tu as trouvé grâce devant mes yeux, et je t’ai connu par ton nom.
Note · Exode 33.12–17
Demander une présence, pas seulement une destination
Moïse demande à connaître les voies de Dieu et à être accompagné avec le peuple. La distinction d’Israël est liée à cette relation, non à une supériorité humaine autonome. La réponse favorable fait de la marche une histoire de proximité à recevoir plutôt qu’une simple entreprise de possession.
18 Moïse dit aussi : je te prie, fais-moi voir ta gloire.
19 Et Dieu dit : je ferai passer toute ma bonté devant ta face, et je crierai le nom de l’Eternel devant toi ; et je ferai grâce à qui je ferai grâce, et j’aurai compassion de celui de qui j’aurai compassion.
20 Puis il dit : tu ne pourras pas voir ma face ; car nul homme ne peut me voir, et vivre.
21 L’Eternel dit aussi : voici, il y a un lieu par-devers moi, et tu t’arrêteras sur le rocher ;
22 Et quand ma gloire passera, je te mettrai dans l’ouverture du rocher, et te couvrirai de ma main, jusqu’à ce que je sois passé ;
23 Puis je retirerai ma main, et tu me verras par derrière, mais ma face ne se verra point.
Note · Exode 33.18–23
La gloire révélée sans devenir possédée
La demande de voir rencontre une réponse qui associe bonté, nom et miséricorde. Une protection limite ce qui peut être vu. Le récit ne dévalue pas la rencontre : il reconnaît qu’une relation réelle peut rester au-delà de la maîtrise et de la description complètes du bénéficiaire.