1 Après ces choses, la parole de l’Éternel fut adressée à Abram dans une vision, disant : Abram, ne crains point ; moi, je suis ton bouclier et ta très-grande récompense.

2 Et Abram dit : Seigneur Éternel, que me donneras-tu ? Je m’en vais sans enfants, et l’héritier de ma maison, c’est Éliézer de Damas.

3 Et Abram dit : Voici, tu ne m’as pas donné de postérité ; et voici, celui qui est né dans ma maison est mon héritier.

4 Et voici, la parole de l’Éternel vint à lui, disant : Celui-ci ne sera pas ton héritier ; mais celui qui sortira de tes entrailles, lui, sera ton héritier.

5 Et il le fit sortir dehors, et dit : Regarde vers les cieux, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit : Ainsi sera ta semence.

6 Et il crut l’Éternel ; et il lui compta cela à justice.

Note · Genèse 15.1–6

Une confiance qui parle de son manque

Abram expose à Dieu ce qu’il ne comprend pas. La promesse d’une descendance répond à cette inquiétude sans faire apparaître immédiatement un enfant. Le fait que sa foi soit reconnue ne signifie pas que toutes ses conduites ultérieures seront justes ni que ses questions auraient été interdites.

7 Et il lui dit : Moi, je suis l’Éternel, qui t’ai fait sortir d’Ur des Chaldéens, afin de te donner ce pays-ci pour le posséder.

8 Et il dit : Seigneur Éternel, à quoi connaîtrai-je que je le posséderai ?

9 Et il lui dit : Prends une génisse de trois ans, et une chèvre de trois ans, et un bélier de trois ans, et une tourterelle, et un jeune pigeon.

10 Et il prit toutes ces choses, et les partagea par le milieu, et en mit les moitiés l’une vis-à-vis de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.

11 Et les oiseaux de proie descendirent sur ces bêtes mortes ; et Abram les écarta.

Note · Genèse 15.7–11

Un rite dont les gestes doivent être distingués

Les animaux préparés appartiennent à la scène d’alliance. Le récit détaille les gestes sans fournir une explication complète de chaque élément. Il faut éviter de transformer les animaux ou les oiseaux en un code symbolique dont on prétendrait connaître toutes les correspondances.

12 Et comme le soleil se couchait, un profond sommeil tomba sur Abram ; et voici, une frayeur, une grande obscurité, tomba sur lui.

13 Et l’Éternel dit à Abram : Sache certainement que ta semence séjournera dans un pays qui n’est pas le sien, et ils l’asserviront, et l’opprimeront pendant quatre cents ans.

14 Mais aussi je jugerai, moi, la nation qui les aura asservis ; et après cela ils sortiront avec de grands biens.

15 Et toi, tu t’en iras vers tes pères en paix ; tu seras enterré en bonne vieillesse.

16 Et en la quatrième génération ils reviendront ici, car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore venue à son comble.

Note · Genèse 15.12–16

La promesse traverse une histoire douloureuse

L’annonce de la servitude des descendants empêche de confondre élection et protection contre toute souffrance. Le retour n’est pas immédiat. Le délai lié à la faute des Amoréens indique aussi que l’avenir d’Abram ne se raconte pas sans considération pour les autres habitants du pays.

17 Et il arriva que le soleil s’étant couché, il y eut une obscurité épaisse ; et voici une fournaise fumante, et un brandon de feu qui passa entre les pièces des animaux.

18 En ce jour-là, l’Éternel fit une alliance avec Abram, disant : Je donne ce pays à ta semence, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate :

19 le Kénien, et le Kénizien, et le Kadmonien,

20 et le Héthien, et le Phérézien, et les Rephaïm,

21 et l’Amoréen ; et le Cananéen, et le Guirgasien, et le Jébusien.

Note · Genèse 15.17–21

L’engagement vient de Dieu

Les signes de feu traversent les morceaux pendant qu’Abram a été plongé dans un profond sommeil. La scène met ainsi au premier plan l’initiative divine. Les frontières annoncées appartiennent à la promesse du récit ; leur usage politique contemporain demande des distinctions que ce passage ne fournit pas à lui seul.