1 Vous obéirez à tout ce que je vous commande et vous l’appliquerez, sans rien y ajouter et sans rien en retrancher.

Note · Deutéronome 13.1

Recevoir une parole sans la remodeler à son avantage

L’interdit d’ajouter ou de retrancher appelle à la fidélité envers les instructions données. Il ne signifie pas que tout enseignement, toute traduction ou tout discernement ultérieur serait impossible. Il empêche d’utiliser l’autorité de Dieu pour fabriquer arbitrairement une autre exigence.

2 Peut-être un prophète apparaîtra-t-il un jour parmi vous, ou un visionnaire qui vous donnera un signe miraculeux ou vous annoncera un prodige.

3 Si le signe ou le prodige annoncé s’accomplit, et s’il vous dit : « Allons suivre d’autres dieux que vous ne connaissez pas et rendons-leur un culte »,

4 vous n’écouterez pas les paroles de ce prophète ou de ce visionnaire, car l’Eternel votre Dieu se servira de lui pour vous mettre à l’épreuve, afin de voir si vous l’aimez réellement de tout votre cœur et de tout votre être.

5 C’est à l’Eternel votre Dieu que vous rendrez un culte, c’est lui que vous craindrez ; vous obéirez à ses commandements, vous l’écouterez, c’est à lui seul que vous rendrez un culte, et c’est à lui seul que vous vous attacherez.

6 Quant à ce prophète ou ce visionnaire, il sera puni de mort pour avoir prêché la désobéissance à l’Eternel votre Dieu, qui vous a fait sortir d’Egypte et vous a libérés de l’esclavage, car il aura voulu vous entraîner hors du chemin que l’Eternel votre Dieu vous a ordonné de suivre. Ainsi, vous ferez disparaître le mal du milieu de vous.

Note · Deutéronome 13.2–6

L’accomplissement d’un signe ne suffit pas

La possibilité d’un prodige reconnu est distinguée de l’appel qui l’accompagne. Le peuple doit examiner où cette parole le conduit. Le passage retire donc au spectaculaire la capacité de justifier toute autorité, sans donner aux lecteurs un droit de faire subir la peine ancienne à celui qu’ils jugeraient infidèle.

7 Si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils ou ta fille, ou la femme que tu serres contre ton cœur, ou ton ami intime essaie de te séduire en secret en te disant : « Allons rendre un culte à d’autres dieux que ni toi ni tes ancêtres n’avez connus,

8 des dieux d’entre les divinités des peuples étrangers, proches ou lointains, qui habitent d’une extrémité de la terre à l’autre »,

9 tu n’accepteras pas sa suggestion et tu ne l’écouteras pas ; bien plus, tu ne t’apitoieras pas sur lui, tu ne l’épargneras pas et tu ne couvriras pas sa faute.

10 Au contraire, tu as le devoir de le faire périr. Ta main se lèvera la première sur lui pour le mettre à mort, puis tout le peuple t’imitera.

11 Tu le lapideras pour le faire mourir, parce qu’il a cherché à te détourner de l’Eternel ton Dieu qui t’a fait sortir d’Egypte où tu étais esclave.

12 Tout Israël l’apprendra et sera saisi de crainte, et l’on ne recommencera pas à commettre un tel méfait au milieu de vous.

Note · Deutéronome 13.7–12

L’intimité n’efface pas toute question de vérité

Le proche possède un poids affectif que le texte prend au sérieux, mais il ne doit pas devenir la mesure absolue de la relation à Dieu. La condamnation racontée reste pourtant redoutable. Aucun lien familial ne donne aujourd’hui le droit d’imposer par la violence une appartenance religieuse.

13 Si vous entendez dire que, dans l’une des villes que l’Eternel ton Dieu vous donne pour y habiter,

14 des vauriens de votre propre peuple ont entraîné les habitants en disant : « Allons rendre un culte à d’autres dieux que vous ne connaissez pas ! »,

15 vous ferez des recherches, vous mènerez une enquête approfondie en interrogeant les gens avec soin. Si la chose est vraie, s’il est établi qu’une telle abomination a été commise chez vous,

16 vous ferez périr par l’épée tous les habitants de cette ville ainsi que le bétail. Vous la détruirez avec tout ce qu’elle contient pour la vouer à l’Eternel.

17 Vous rassemblerez toutes ses richesses au milieu de la place et vous brûlerez entièrement la ville et tous ses biens pour l’Eternel votre Dieu. Elle restera pour toujours un monceau de ruines et ne sera plus jamais rebâtie.

18 Vous ne mettrez la main sur rien de ce qui, voué à la malédiction, a été détruit, afin que l’ardente colère de l’Eternel s’apaise. Il vous accordera sa compassion et vous fera grâce en vous rendant nombreux, comme il l’a promis à vos ancêtres,

19 si vous l’écoutez pour obéir à tous ses commandements que je vous transmets aujourd’hui et pour faire ce qu’il considère comme juste.

Note · Deutéronome 13.13–19

Une accusation collective demande un examen

L’enquête et la vérification précèdent la décision, mais celle-ci demeure une destruction qui atteint l’ensemble de la ville. Il faut tenir ensemble ces deux traits. Le soin de vérifier ne rend pas la punition collective transposable en justice contemporaine ni moralement facile à recevoir.