1 Le Serpent était le plus astucieux de tous les animaux des champs que l’Eternel Dieu avait faits. Il demanda à la femme : Vraiment, Dieu vous a dit : « Vous n’avez pas le droit de manger du fruit de tous les arbres du jardin ! » ?

2 La femme répondit au Serpent : Nous mangeons des fruits des arbres du jardin,

3 mais celui qui est au milieu du jardin Dieu a dit de ne pas manger de son fruit et de ne pas y toucher sinon nous mourrons.

4 Alors le Serpent dit à la femme : Mais pas du tout ! Vous ne mourrez pas !

5 Seulement Dieu sait bien que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu, décidant vous-mêmes ce qui est bien ou mal.

6 Alors la femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger, agréable aux yeux, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit donc de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea.

7 Alors les yeux de tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils se firent donc des pagnes en cousant ensemble des feuilles de figuier.

Note · Genèse 3.1–7

Une promesse séduisante

Le serpent présente Dieu comme celui qui retiendrait un bien et minimise le danger de la désobéissance. Le récit met ainsi en jeu la confiance autant que le désir. Il décrit un serpent ; son identification au diable appartient à la lecture biblique ultérieure, notamment Apocalypse 12.9.

8 Au moment de la brise du soir, ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu parcourant le jardin. Alors l’homme et sa femme se cachèrent de l’Eternel Dieu parmi les arbres du jardin.

9 Mais l’Eternel Dieu appela l’homme et lui demanda : Où es-tu ?

10 Celui-ci répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, car je suis nu ; alors je me suis caché.

11 Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Aurais-tu mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?

12 Adam répondit : La femme que tu as placée auprès de moi, c’est elle qui m’en a donné, et j’en ai mangé.

13 L’Eternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? C’est le Serpent qui m’a trompée, répondit la femme, et j’en ai mangé.

Note · Genèse 3.8–13

Se cacher et déplacer la responsabilité

Les questions de Dieu font apparaître ce qui vient de changer dans la relation. L’homme incrimine la femme et, indirectement, celui qui la lui a donnée ; la femme désigne le serpent. Chacun raconte une influence réelle sans encore assumer pleinement son propre acte.

14 Alors l’Eternel Dieu dit au Serpent : Puisque toi, tu as fait cela, tu es maudit | parmi tout le bétail et tous les animaux sauvages : tu te traîneras sur le ventre, tu mangeras de la poussière tout au long de ta vie.

15 Je susciterai de l’hostilité | entre toi et la femme, entre ta descendance | et sa descendance. Celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui mordras le talon.

16 Dieu dit à la femme : Je rendrai tes grossesses très pénibles et c’est dans la souffrance | que tu mettras au monde tes enfants. Tes attentes seront tournées vers ton mari, mais lui, il te dominera.

17 Il dit à Adam : Puisque tu as écouté ta femme et que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine | que tu en tireras ta nourriture tout au long de ta vie.

18 Il te produira des épines | et des chardons ; et tu mangeras des produits du sol.

19 Tu en tireras ton pain à la sueur de ton front jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque tu as été tiré de celle-ci. Car toi, tu es poussière et tu retourneras à la poussière.

Note · Genèse 3.14–19

Des relations blessées

La peine, les rapports de pouvoir et la difficulté du travail décrivent un monde atteint par la rupture. La domination de l’homme sur la femme n’est pas formulée comme un commandement à appliquer. La lecture chrétienne voit dans la descendance victorieuse une ouverture vers le Christ ; le verset ne développe pas encore cette interprétation.

20 L’homme nomma sa femme Eve (Vie) ; elle est devenue en effet la mère de toute vie humaine.

21 L’Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peaux pour les habiller.

22 Puis il dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous pour décider du bien et du mal. Maintenant il ne faudrait pas qu’il tende la main pour cueillir aussi du fruit de l’arbre de la vie, qu’il en mange et qu’il vive éternellement.

23 Alors l’Eternel Dieu le chassa du jardin d’Eden pour qu’il travaille le sol d’où il avait été tiré.

24 Après avoir chassé l’homme, il posta des chérubins à l’est du jardin d’Eden, avec une épée flamboyante tournoyant en tous sens pour barrer l’accès de l’arbre de la vie.

Note · Genèse 3.20–24

Une protection au cœur de l’exil

L’expulsion rend sensible la gravité de la rupture, mais Dieu pourvoit aussi au vêtement des humains. L’accès à la vie n’est plus à leur disposition. Le récit associe ainsi jugement et sollicitude, sans décrire l’avenir humain comme une histoire désormais privée de toute attention divine.