1 Abram quitta donc l’Egypte avec sa femme et tout ce qu’il possédait en direction du Néguev. Loth était avec lui.

2 Abram était très riche en troupeaux, en argent et en or.

3 D’étape en étape, il retourna du Néguev jusqu’à Béthel, au lieu où il avait auparavant établi son campement, entre Béthel et Aï,

4 c’est-à-dire à l’endroit où était l’autel qu’il avait précédemment érigé, et il y pria l’Eternel.

5 Loth, qui accompagnait Abram, avait aussi des moutons, des chèvres, des bovins et des tentes,

6 et le pays ne suffisait pas pour qu’ils puissent demeurer ensemble, car leurs troupeaux étaient trop nombreux, ils ne pouvaient pas rester ensemble.

7 Il y eut une dispute entre les bergers d’Abram et ceux de Loth ; or les Cananéens et les Phéréziens habitaient alors le pays.

Note · Genèse 13.1–7

Des biens qui compliquent la coexistence

Les richesses des deux maisons ne garantissent pas leur accord. Le conflit concerne les bergers et la capacité du pays à accueillir leurs troupeaux ensemble. Le passage invite à regarder les effets relationnels de l’accumulation, sans présenter les biens matériels comme mauvais par définition.

8 Abram dit à Loth : Nous sommes de la même famille. Qu’il n’y ait donc pas de dispute entre nous, entre mes bergers et les tiens.

9 Séparons-nous plutôt. Tout le pays est à ta disposition. Si tu vas à gauche, j’irai à droite, et si tu vas à droite, j’irai à gauche.

10 Loth regarda et vit toute la plaine du Jourdain qui s’étendait jusqu’à Tsoar : avant que l’Eternel eût détruit Sodome et Gomorrhe, elle était comme le jardin de l’Eternel, comme la terre d’Egypte.

11 Loth choisit donc pour lui toute la plaine du Jourdain et il se dirigea vers l’est. Ainsi, ils se séparèrent l’un de l’autre.

12 Abram se fixa dans le pays de Canaan, et Loth s’établit au milieu des villes de la plaine, dressant ses tentes jusqu’à Sodome.

13 Or, les gens de Sodome étaient mauvais, ils commettaient beaucoup de péchés contre l’Eternel.

Note · Genèse 13.8–13

Une concession qui ne connaît pas tout l’avenir

Abram laisse Lot choisir. Cette initiative apaise une rivalité sans garantir que chaque décision suivante sera heureuse. La proximité de Sodome introduit un risque moral distinct de la qualité des pâturages. Le récit n’autorise pas à juger la valeur d’un lieu par sa seule prospérité.

14 L’Eternel dit à Abram après que Loth se fut séparé de lui : Lève les yeux et regarde depuis l’endroit où tu es, vers le nord, le sud, l’est et l’ouest :

15 tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta descendance pour toujours.

16 Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les grains de poussière de la terre ; si l’on peut compter les grains de poussière de la terre, alors on pourra aussi compter ta descendance.

17 Lève-toi, parcours le pays en long et en large car je te le donnerai.

18 Alors Abram déplaça son campement et vint se fixer près des chênes de Mamré aux environs d’Hébron, et il bâtit là un autel à l’Eternel.

Note · Genèse 13.14–18

Une promesse reçue après la séparation

Dieu invite Abram à regarder le pays et renouvelle la promesse d’une descendance. Abram bâtit un autel, mais demeure sous la tente. L’acte de foi n’efface pas la durée nécessaire à l’accomplissement. Cette parole ancienne ne peut être transférée sans examen en titre de propriété pour un conflit contemporain.